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Un village italien déserté revit grâce à Internet
Valerio Saggini, de son côté, rêvait de faire revivre un pan du monde rural grâce aux nouvelles technologies de communication.
| Valerio Saggini, de son côté, rêvait de faire revivre un pan du monde rural grâce aux nouvelles technologies de communication.
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Il Y a quelques années encore, Coletta, en Ligurie, n'était que ruines désertées. Aujourd'hui, les murs cachent un village vibrant au rythme des réseaux en fibres optiques et d'Internet. Derrière cette métamorphose cachée, une société immobilière, un consultant Internet utopiste et une aventure qui débute en 1991. Cette année-là, la société immobilière rachète la quasi-totalité du village en ruine. Valerio Saggini, de son côté, rêvait de faire revivre un pan du monde rural grâce aux nouvelles technologies de communication. Salvatore Santangelo, maire de Castelbianco, dont Coletta est l'une des subdivisions, est séduit par le projet et donne l'autorisation d'achat. La restauration est menée par l'un des grands architectes italiens, Giancarlo De Carlo. Les appartements sont tous équipés de fibre optique et de connections Internet par Telecom Italia. Les habitants peuvent téléphoner et surfer sur le réseau à volonté, pour environ 1000 francs par an.
Les premiers logements sont vendus en 1995. Aujourd'hui, la moitié des 60 appartements disponibles sont habités par un architecte danois, un professeur de géologie, un consultant financier ou encore des entrepreneurs. Ils n'y vivent pas tous à temps plein. Car l'une des caractéristiques du télétravailleur de haut niveau est sa facilité de déplacement.
Coletta n'a pas d'école. Les quelques enfants qui y vivent vont dans le village voisin avec le bus scolaire. Pas de magasin non plus. «II Y en a dans le voisinage», explique Valerio Saggini. Par contre, le village dispose d'un café, d'une piscine et d'un théâtre de plein air, gérés par une association, outil «d'autogouvernement», selon Valerio Saggini. A sa grande satisfaction, puisqu'il en rêvait, une communauté est en train de renaître à Coletta. Mais il est encore tôt pour savoir comment les 60 nouveaux habitants, plutôt issus d'un milieu intellectuel et qui devraient être, à terme, près de 300, cohabitent avec les 274 anciens de Castelbianco, avant tout agriculteurs. «L'expérience est trop récente, estime le maire. Mais cette population fait revivre Castelbianco, et j'en suis heureux. »
[Le Courrier, ottobre 1999]